1 Lucie Mazauric (épouse de l'écrivain), Avec Andé Chamson. I Ah Dieu ! que la paix est jolie ! 1922-1934, Paris, Plon, 1972, p. 87.

2 Cf. A. Chamson, Devenir ce qu'on est, Paris, 1959, et L. Mazauric, Avec André Chamson (1934-1939) II "Vive le Front Populaire", Paris, Plon, 1976.

3 L. Mazauric, Ah Dieu ! Que la paix est jolie, op. cit., p. 106. A. Chamson, La Reconquête 1944-1945, Paris, Plon, 1975, p. 222. Léon Daudet aurait voté pour Chamson, par solidarité méridionale.

4 C'est l'édition que j'utilise et à laquelle se rapportent les références des pages.

5 La phrase est tirée des Mémoires "l'instruction du Duc de Bourgogne ", en 1698. Édition critique par F. Moreil, L'intendance du Languedoc à la fin du XVIIIe siècle, Paris, C.T.H.S., 1985, p. 251.

6 Marie-France, N· 265, mars 1978, cité par J. Maurin, Armée-Guerre-Société. Soldats languedociens (1889-1919), Paris, Publications de la Sorbonne, 1982, p. 380, note 89.

7 Chabrol ajoute: "Clovis Paroul de la Cabusselle n'était pas le seul, plusieurs villages cévenols, surtout dans la montagne, avaient leur déserteur ", L'Embellie, Paris, Plon, 1968, p. 12. N'entre-t-il pas encore une certaine réminiscence du roman dans le titre que l'ancien résistant Aimé Vielzeuf a donné à l'un de ses livres sur les maquis cévenols, On les appelait les bandits ?

8 J'ai étudié ce thème, à propos de Giono et Carrière, dans une communication au colloque de Marseille, Marcel Pagnol et la méridionalité, 18-19-20 mai 1995, Actes à paraître ("Midi au Sud: les images de la Provence dans la littérature française contemporaine ").

9 G. Lewis, "cevenol community in crisis. The mystery of "L'homme à la moustache" ", Past ant Present, n· 109, 1985, pp. 144-175.

10 Roman à clefs, La Galère met en scène le couple des Roubaud (les Chamson) et un député de province qui n'est autre que le propre cousin de l'écrivain, Charles Berthézenne, élu député du Vigan en 1928. L'allusion aux paysans républicains se trouve p. 257.

11 Mémoires et correspondance de Louis Rossel, Paris, Stock, 1908. Cité dans P. Cabanel, dir., Dire les Cévennes. Mille ans de témoignages, Montpellier, Presses du Languedoc/Club Cévenol, 1994, pp. 181-182.

12 Une copie de ce tract de 8 pages, daté d'Anduze, 8 novembre 1871, et signé par Théodore Casaubon, se trouve aux Archives Départementales de la Lozère, M 12 673.

13 A. Chamson, "pouvoir des mots ", Les Quatre Éléments, Paris, Grasset, 1935, p. 74-76.

14 A. Chamson, La reconquête, op. cit., pp. 222-223.

15 A. Corvisier, L'Armée française de la fin du XVIIe siècle au ministère de Choiseul. Le soldat, Paris,

PUF, 1964, vol. 1, p. 448.

16 J. Maurin, op. cit., p. 312.

17 A.N., F9 209, dossier 9, 1812-1831.

18 Préfet Florens, Mémoire sur la Conscription Militaire dans le département de la Lozère, 51806, A.N., F9 209, 38 p. (p. 10).

19 F. Buffière, éd., Lozériens connus ou à connaître. Dictionnaire de biographies, Toulouse, 1992, pp. 582-583. Trait caractéristique, la biographie suivante est celle d'un autre cévenol, Fernand Roux, procureur général près la Cour d'Appel de Paris au moment de l'affaire Stavisky.

20 L. Mazauric, Ah Dieu ! Que la paix est jolie, op. cit., pp. 56-57.

21 A. Chamson, préface à l'édition de Roux le Bandit par les Éditions Rombaldi, Paris, 1972.

22 Dossier 14 II U 416-3 des Archives Départementales de la Lozère. Y. Pourcher l'utilise à deux reprises: dans une communication au colloque de Bastia (27-29 mai 1993), G. Ravis-Giordni et A. Rovere, éd., Banditisme et violence sociale dans les sociétés méditerranéennes, sous le titre "L'histoire de Roux le Bandit: L'oiseleur ou le prophète ?" (pp. 179-201); puis dans ses Jours de guerre. La vie des Français au jour le jour entre 1914 et 1918, Paris, Plon, 1994, pp. 408-417.

23 Je remercie Monique Pech qui a bien voulu me renseigner sur ce point.

24 À propos de l'histoire du pasteur Aguillon (cf. ci-dessous), "André " note pareillement: "connais bien cette histoire, on me l'a racontée plusieurs fois pendant les veillées, au moment des réunions d'automne " (86).

25 Ou encore: "avait des habits tout déchirés par les ronces, un sac de toile sur le côté et une grande barbe jusqu'au milieu de la poitrine " (88).

26 Juste: un notable au double sens social et moral (ici, protestant), selon la définition qu'en donne Chamson dans son roman Le crime des Justes.

27 Selon un thème cher à Chamson aussi bien qu'au politologue André Siegfried, originaire par sa mère de l'Ardèche, les Cévennes seraient la terre classique du prophétisme: " Dès le Xe siècle, de simples pâtres prophétisent sur les montagnes des trois Gardons et de l'Hérault et les Annales des grandes abbayes des Cévennes qui signalent leur présence leur accordent toutes une éloquence miraculeuse et quelque chose comme une possession mystique de la parole " (58).

28 Les choix des deux écrivains du " terroir ", dans les années 1940, sont symptomatiques: Giono reste fidèle à un pacifisme qui le conduit à deux reprises en prison, Chamson s'engage dans la résistance et participe à La reconquête, comme on l'a vu. On trouve toutefois une tirade authentiquement gionienne et " contadourienne " dans la bouche de l'épouse de Finiels, qui assène: "[la guerre] devait revenir, je voudrais que tous les hommes honnêtes montent ensemble sur les montagnes: ceux qui sont chrétiens y feraient la prière et les autres parleraient ensemble, comme des braves gens qui ne veulent du mal à personne " (82). Il serait intéressant de comparer systématiquement, à ce propos, Roux le Bandit et Le grand troupeau, dans l'ordre romanesque, et des textes comme L'homme contre l'histoire, de Chamson, et les écrits pacifistes de Giono dans les années trente.

29 B. Anderson, Imagined Communities, Londres, Verso, 1983, traduit sous le titre L'imaginaire national. Réflexions sur l'origine et l'essor du nationalisme, Paris, La Découverte, 1996