1 Pour une histoire de l'émigration antifasciste, cf. Jacques Droz, Histoire de l'antifascisme en Europe 1923-1939, Paris, La Découverte, 1985, p.25-72, Aldo Garosci, Storia dei fuorusciti, Bari, Laterza, 1953, 310 p., Simonetta Tombacini, Storia dei fuorusciti italiani in Francia, Milan, Mursia, 1988, X-380 p., et les articles réunis dans Pierre Milza, Les Italiens en France de 1914 à 1940, Rome, Ecole française de Rome, 1986, 788 p. Sur les rapports entre émigrations politiques et économiques, cf. par ex. Emile Témime, "Emigration "politique" et émigration "économique"", p. 57-72 de (coll.), L'émigration politique en Europe aux XIXe et XXe siècles, Rome, Ecole française de Rome, 1991, et sur les composantes de l'émigration politique, cf. par ex. Eric Vial, "Emigrés politiques, immigrés qui se politisent : quelques données tirées des dossiers du casellario politico centrale (Rome)", p. 73-93, ibidem.

2 Cf. Loris Castellani, "Un aspect de l'émigration communiste italienne en France : les groupes de langue italienne au sein du PCF (1921-1928)", p.197-221 de Pierre Milza, op.cit, p. 204-205.

3 Cf. Eric Vial, LIDU 23-34, une organisation antifasciste en exil, la Ligue italienne des Droits de l'Homme de sa fondation à la veille des fronts populaires, Thèse de l'EHESS, 1985, 646p. , p. 35-44.

4 Les tentatives activistes ultérieures sont encore moins convaincantes, qu'il s'agisse du "volontisme" du polygraphe Mario Mariani (Cf. Emilio Falco, Mario Mariani tra letteratura e politica, Rome, Bonacci, 1980, 210 p., p. 65-78), de la "Compagnie d'action" du démocrate-chrétien Giuseppe Donati (Cf. Giacomo De Antonellis, Una coscienza pulita, Giuseppe Donati tra impegno politico e religioso, Milan, NED, 1981, 180 p. ) ou d'initiatives encore moins structurées, ou ne dépassant pas l'échelon local (Cf. Eric Vial, op. cit., p. 206-213). Giustizia e Libertà , créé en 1929, correspond sans doute à une volonté d'activisme, mais qui passe par des gestes spectaculaires, rarement réalisés du reste en dehors d'un survol de Milan, et non pas d'expéditions armées, au moins jusqu'à la guerre d'Espagne, même si ses fondateurs viennent de l'interventionnisme (Cf. Aldo Garosci, Vita di Carlo Rosselli, (1945), réed., Florence, Valecchi, 1973, XVIII-530 p. , ou Nicolas Tranfaglia, Carlo Rosselli dall'interventismo a Giustizia e Libertà, Bari, Laterza, 1968, 390 p. ).

5 Cf. Santi Fedele, Storia della Concentrazione antifascista 1927/1934, Milan, Feltrinelli, 1976, XIV-196 p.

6 A l'origine, les premiers, adhérents à l'IOS, sont minoritaires, même s'ils comptent parmi eux les leaders les plus prestigieux, Filippo Turati, Claudio Treves et Giuseppe-Emanuele Modigliani. En 1930, la majorité des seconds les rejoint, autour de Pietro Nenni, et il ne reste plus qu'un petit groupe proche du POUM espagnol, et dirigé par Angelica Balabanova.

7 Cf. par ex. Guido Gerosa, Nenni, Milan, Longanesi, 1972, 466 p. , Eric Vial, "Pietro Nenni et la genèse de la seconde guerre mondiale", Mélanges de l'Ecole française de Rome - Moyen-âge/Temps modernes, 1987-1, p. 515-550, et surtout les remarques de Leonardo Rapone, Da Turati a Nenni, Il socialismo italiano negli anni del fascismo, Milan, Angeli, 1992, 346 p.

8 Cf. par exemple un rapport de Grieco au Comité central, en février 1929, où est indiqué "Nous disons que la prochaine guerre sera vécue par la génération qui a fait la guerre de 1914-18" (Institut Gramsci, Rome, APC 732/48). Telle référence à "la tactique de Cadorna", autant dire aux offensives Nivelle, à propos des risques excessifs pris par les militants en 1927 ("Nous luttions au contraire à visage découvert, nous allions à l'assaut face aux mitrailleuses sans aucune protection", intervention de Secchia au comité central, 5 juin 1928, Ibid., APC 653/96-97) semble fort rhétorique.

9 Sur ces disputes, cf. Santi Fedele, op. cit., p. 56-58, 105-116, 148-153, Eric Vial, LIDU..., op. cit., p. 233-273, 362-401, 506-518. Il est significatif que les contestataires se regroupent autour du secrétaire de la LIDU, Alceste De Ambris, anarcho-syndicaliste, interventioniste, ancien chef de cabinet de Gabriele D'Annunzio à Fiume. Il ne l'est pas moins que Luigi Campolonghi, le président de cette même LIDU, qui tente d'assurer la cohésion de son organisation et de la Concentration, soit le beau-frère de Bissolati, ait beaucoup milité pour l'intervention, insistant tout particulièrement sur le thème de la "Belgique martyre", mais ait rejoint les socialistes réformistes et professe une grande admiration pour leurs leaders historiques.

10 C'est le titre d'un article-manifeste de Carlo Rosselli, Quaderni di Giustizia e Libertà, novembre 1933, p. 1-8, réed. partielle in Elena Aga Rossi, Il movimento repubblicano, Giustizia e Libertà e il Partito d'Azione, Bologne, Cappelli, 1969, 284 p. , p. 111-118, et complète dans Carlo Rosselli, Scritti dell'esilio I "Giustizia e Libertà" e la Concentrazione antifascista (1929-1934), Turin, Einaudi, 1988, 338p. , p. 250-258. Sur la polémique qu'il suscite, cf. par ex. Santi Fedele, op. cit., p. 162-168, ou Aldo Garosci, Vita..., op. cit., p. 263-267.

11 Il le fait très fortement par ex. en polémiquant avec Emilio Lussu, de Giustizia e Libertà (La Libertà, 18 I 1934), d'autant qu'il est assez facile de présenter Zimmerwald comme une synthèse entre pacifisme et activisme révolutionnaire, voire de l'utiliser contre Modigliani, plus que méfiant envers les communistes.

12 Cf. Santi Fedele, op. cit., p. 22.

13 " (...) Nous, les révolutionnaires italiens, nous croyons, après l'expérience du fascisme, être à jamais vaccinés contre l'infection nationaliste. La guerre de Libye, la guerre mondiale, la guerre tout court, tout cela appartient, pour nous, à une époque révolue. Pour nous, comme pour vous, la grandeur et la force de l'homme ne se mesurent plus sur le mètre de la gloriole militaire. C'est pour d'autres valeurs, plus vraies, plus universelles et humaines, que nous combattons vous et nous, du même côté de la barricade.

Or dans votre article retentit l'écho de ce monde périmé et funeste. On y retrouve des jugements inutilement blessants - d'après la vieille mentalité - ; un mépris généralisé pour les soldats italiens, une ironie qui nous parait déplacée sur la déroute de l'armée italienne à Caporetto en 1917; l'évocation d'episodes tristement ridicules qu'on pourrait retrouver dans l'histoire militaire de tout pays. En même temps, on passe sous silence, nous ne dirons pas la résistance italienne sur la Piave après l'invasion - qui, pour tous ceux qui l'ont vécue, est inoubliable -, mais (nous nous adressons à M.Jean Galtier-Boissière personnellement) le souvenir même de la seule insurrection révolutionnaire qui ait êté essayée en Occident contre la guerre, c'est-à-dire l'insurrection de Turin en août 1917, deux mois avant la déroute de Caporetto, insurrection au cours de laquelle les masses ouvrières laissèrent 400 des leurs sur le pavé.

Voyez-vous, amis du "Canard", c'est par des blagues de ce genre - dans le vieux genre - sur la lâcheté, la petitesse, le ridicule des Italiens - que vous appelez encore des "mandolinistes" - qu'on entretient dans un certain nombre d'Italiens cet esprit farouchement nationaliste ce "complexe d'infériorité" dont Mussolini joue si bien, de nos jours, pour prêcher la nécessité d'une revanche éclatante (...)" ("Lettre ouverte au "Canard enchaîné"", Giustizia e Libertà, 20 IX 1935, et Carlo Rosselli, Scritti dell'esilio II Dallo scioglimento della Concentrazione antifascista alla guerra di Spagna (1934-1937), Turin, Einaudi, 1992, p. 222-224.

14 A vrai dire, une première organisation a été esquissée dès 1927, dans la mouvance de la Ligue italienne des Droits de l'Homme (cf. Eric Vial, LIDU..., op. cit., p. 212), mais a périclité très vite (cf. Giustizia e Libertà, 23 VIII 1935).

15 Cf. Jean-Charles Bonnet, Les pouvoirs publics français et l'immigration dans l'entre-deux-guerres, Lyon, CHESRL, 1976, 414 p. , et Ralph Schor, L'opinion française et les étrangers 1919-1939, Paris, Sorbonne, 1985, 662p.

16 Archivio Centrale dello Stato (ACS), Rome, PPM 130, Zurich, 25 I 1935 et l'Idea popolare, 28 XII 1935. Il s'agit de lutter. contre la limitation des permis d'exercer une activité commerciale ou artisanale (Ibid., 30 XI 1935), de réclamer des permis de travail pour les anciens combattants immigrés, leurs enfants et leurs épouses, de ne pas les compter dans le quota de 10% d'étrangers au maximum admis à travailler dans certaines branches, de les mettre à égalité avec les anciens combattants français pour les subsides de chômage, et vis à vis de l'Italie, d'obtenir le renouvellement gratuit des passeports et de protester contre la baisse des pensions (Ibid., 23 XI, 28 XII 1935). On trouve trace de coopératives, à Drancy, Pavillon-sous-Bois, Sartrouville ou Nilvange (Il Nuovo Avanti, 6, 19 III, 15, 22 V 1937, L'Avanti!, 1 V 1937). Bref, l'AFIAC entend éliminer "les difficultés qui s'opposent maintenant à l'embauche de la main d'oeuvre étrangère, et donner aux difficultés croissantes de la vie une solution favorable que l'on chercherait en vain individuellement" (Il nuovo Avanti, 6 III 1937).

17 Cf. par ex. Giustizia e Libertà, 13 XII 1935, l'Idea popolare, 26 X, 2, 16, 30 XI, 14 XII 1935, L'indipendente, janvier 1936.

18 "Nous en avons assez du combattantisme. Si pour obtenir la carte d'identité, la qualité d'ancien combattant peut faciliter les démarches, que chacun fasse valoir cette qualité à travers la Lidu ou une autre association". Il est également question d'une "grave maladie sociale de l'après-guerre" avec perte de tout caractère moral, de combattants qui ont oublié le pourquoi de leur combat, qui ne voient que leur intérêt particulier, qui s'ennivrent de l'odeur de la gloire, qui méprisent les jeunes, qui se croient des droits non pas face aux profiteurs mais face aux "veinards" qui n'ont pas participé au massacre... (Giustizia e Libertà 17 IV 1935). C'est l'orientation pacifiste de l'AFIAC qui permet ensuite une approbation, avec réaffirmation de l'hostilité aux "spéculations combattantistes" (Ibid., 13 XII 1935).

19 L'Avanti!, 16 V, 18 VII 1937.

20 Le PCI est fier d'avoir à Lyon, sur 200 adhérents à l'AFIAC, cent "qui il y a deux mois étaient encore influencés par le fascisme et maintenant ce sont eux qui dans nos assemblées applaudissent le plus frénétiquement les camarades qui prennent la parole contre la guerre et le fascisme" et il insiste sur les anciens combattants "qui ont été trompés par la démagogie fasciste" (l'Idea popolare, 12 X, 4 I 1936). Cela n'empêche évidemment ni un engagement contre la guerre d'Ethiopie, ni l'adoption du slogan du front populaire français, "pain paix liberté", ni l'appui à l'Espagne républicaine (cf. par ex. Ibidem, 28 XII 1935, L'Independente, janvier 1936, Il Nuovo Avanti, 16 I, 13 III 1937).

21 Faute de place on ne saurait traiter ici de l'évolution du discours sur le traité de Versailles, d'abord honni, et finalement considéré comme un moindre mal face au fascisme et au nazisme par les communistes, qui rejoignent ainsi leurs alliés socialistes, et sont même rejoints par certains anarchistes, autour du Risveglio anarchico de Genève.

22 La Voce degli italiani, 23 X 1937, 27 V 1938.

23 Lussu est félicité de peindre des hommes "qui font la guerre parce qu'ils doivent la faire" (La Voce degli italiani, 27 V 1938) et le leader syndicaliste Di Vittorio écrit à propos du communiste français Renaud Jean qu'en "cela aussi (il) symbolisa les paysans de France et de tous les pays qui furent entraînés dans la grande tourmente : il fut ennemi de la guerre, mais il fit la guerre !" (Ibid, 28 VIII 1937).

24 Ainsi, quand est évoquée la supériorité militaire des démocraties, il est question d'Athènes, de l'Angleterre de la glorious Revolution, des soldats de l'an II, des républicains espagnols à Teruel, voire de Rome au temps des guerres puniques, mais pas de l'Entente (La Voce degli italiani, 9 I 1938) et Nenni, collaborateur régulier du même quotidien, continue dans la voie du pacifisme révolutionnaire en écrivant "Le prolétariat accepte le combat, accepte le défi. Il ne se résigne pas, ni ne se résignera plus à la guerre. Il a, aujourd'hui, des points d'appui plus solides qu'il y a 23 ans. De la dure leçon de 1914 il a appris que la nation est le centre géométrique de toutes les réactions. Il sait qu'il n'y a plus de frontières nationales, mais seulement des frontières sociales et politiques" (Ibid. 15 VIII 1937).

25 Cf. par ex. La Voce degli italiani, 5 XI 1937, 21 V 1939.

26 La Voce degli italiani, 27 IV 1939. Il est vrai qu'à cette date, les responsables communistes hésitent plus ou moins consciemment entre la politique des fronts populaires et celle déjà esquissée par Staline, encore tue, mais qui mène au pacte germano-soviétique et à la condamnation de la guerre des démocraties comme guerre impérialiste..

27 ACS, G1 316, Marseille, 12 X 1938.

28 Cf. par ex. "Le caractère de la guerre qui a commencé est profondément différent de celui de la guerre de 1914-1918. L'objectif fondamental du fascisme est la destruction de la démocratie, l'assujettissement colonial des peuples sur lesquels il entend étendre son hégémonie, et pour cela il a pris en main le drapeau de l'anticommunisme, contre la classe ouvrière qui est le soldat décidé et conséquent de la démocratie. la guerre fasciste d'agression n'est pas, donc, une guerre entre impérialismes rivaux et équivalents ; mais une guerre dans laquelle, d'un côté, se trouvent les forces les plus barbares de l'humanité, les forces régressives et destructrices de la civilisation, et de l'autre se trouve le prolétariat, se trouve le pays du Socialisme victorieux, veulent se trouver les peuples désireux de défendre la démocratie et leur propre indépendance nationale (...)" (Lo Stato operaio, 15 XII 1938, p. 386).

29 Cf. par ex. La Voce degli italiani, 22, 29 VII 1939.

30 La Voce degli italiani, 17 III 1939.

31 Les maximalistes eux-mêmes, attachés au pacifisme le plus intransigeant, notent que "les phrases creuses de toutes les guerres (y) prennent un vrai sens" (L'Avanti, 29 XI 1936). La fusion avec 1914 est patente quand le mensuel communiste à destination de l'Italie titre que Madrid est le "Verdun de la liberté européenne" (L'Unità, 1937-1).

32 Cf. par ex. Archives départementales des Alpes-maritimes, Nice, fascisme 89, Nice, 23 I 1939, ou ACS, Rome, G1 317, "manifestazione regionale dell'UPI tenutasi all'Alcazar il 4 giugno 1939".

33 Cf. par ex. La Voce degli italiani, 16 IV, 30 IX 1938, 22 VI, 9 VII 1939.

34 La Voce degli italiani, 7 IX 1937.

35 Cf. par ex. La Voce degli italiani, 20, 26 II, 13 III, 13, 14, 16, 24 IV 1938, 20 VI 1939. Le néologisme "pangermanazisme" est à peine une nuance, plutôt une réactualisation (Ibid, 22 II 1938).

36 Sur l'Union Populaire Italienne, organisation de masse créée par le PCI en 1937, cf. les remarques de Leonardo Rapone, "Le alleanze politiche dell'emigrazione antifascista italiana", p. 218-294 de Da Turati a Nenni, op. cit., et Eric Vial, "Organisation de masse, front populaire et intégration : l'Union populaire italienne (UPI) dans le Sud-est méditerranéen", p. 281-291 de (coll.) L'intégration italienne en France, Bruxelles, Complexe, 1995.

37 Cf. par ex. La Voce degli italiani, 19-20, 23, 25, 29, 30 III 1938, 1, 2, 3, 6, 8, 9, 13, 26 IV 1938. On peut noter des formulations comme "Mussolini insulte le demi million de nos morts en asservissant l'Italie à l'étranger", à Pontarlier, ou "les intérêts généraux de l'Italie pour lesquels moururent 500 000 fils de notre peuple", à Romilly (Ibid. 29 III, 8 IV 1938).

38 La Voce degli italiani, 1, 5 IV, 25 III, 2, 26 IV 1938.

39 Le discours tenu un an plus tôt est inversé. Même si spontanément le pacte est présenté comme un moyen de faire éclater l'axe et donc de lutter contre le fascisme (cf. par ex. AD 06, divers 353, Paris, 25 VIII 1939) et si au comité central du PCI les responsabilités des démocraties occidentales sont tenues pour moins lourdes que celles des dictatures (APC 1495, Zurich, 10 X 1939), il n'y en a pas moins en 1940 des attaques très violentes et une présentation officielle de la guerre comme se déroulant entre impérialismes équivalents (cf. par ex. Lo Stato operaio 15 III 1940, p. 12-17) avec des pressions de l'Internationale pour que la responsabilité essentielle soit attribuée aux démocraties (cf. APC 1523, lettre de Garlandi, juin 1940).

40 Le parallèle s'impose au point que Saragat le poursuit entre crises marocaines et guerre d'Espagne (Il nuovo Avanti, 23 I 1937, cf. aussi par ex. 5 II 1938). Il faut dire qu'il permet l'optimisme, comme lorsqu'un éditorial de l'hebdomadaire socialiste indique que "le fascisme trouvera sa fin, comme le bonapartisme et comme le pangermanisme de l'époque wilhelmienne, dans l'excès de ses ambitions, dans la fatalité qui le condamne à ne jamais s'arrêter" (Ibid., 4 II 1939). Dans un autre domaine, la légion tchécoslovaque peut servir de modèle pour une participation des émigrés italiens aux côtés de la France, dans l'esprit des responsables socialistes (Ibid, 11 II 1939), mais aussi dans celui de Campolonghi (La Giovine Italia, 15 I 1938).

41 Il nuovo Avanti, 30 IV 1938

42 Il nuovo Avanti, 7 V, 30 IV 1938

43 Il nuovo Avanti, 30 IV 1938, 11 III 1939. Dans le même esprit, et avec des références purement françaises, le républicain de gauche Fernando Schiavetti explique que "le fait guerre se confond avec le fait dictature" et que si "on commence avec Herriot, on finit avec Clemenceau" (Problemi della Rivoluzione italiana, avril 1938, p. 14) De même, pour Luigi Conti, assez proche du précédent, la guerre bloque la révolution, et a donné naissance au fascisme et au nazisme en créant des déclassés et des parasites, et par ailleurs, loin de provoquer la révolution russe, elle a empêché que celle-ci reçoive l'appui du prolétariat mondial, d'où le triomphe du stalinisme (Ibid., janvier 1938, p. 22-25). Certains anarchistes considèrent de même que "la révolution russe se serait dirigée dans un sens plus libre et plus civilisé si elle avait été exempte des pressions de la guerre et du militarisme", ajoutant par ailleurs que la guerre a engendré et la révolution russe et le fascisme (L'adunata dei refrattari, 21 IV 1934 - le dernier point étant relevé également par les maximalistes, cf. L'Avanti, 1 V 1935).

44Il nuovo Avanti, 24, 17 IX 1938.

45Il nuovo Avanti, 4 VII 1936, 28 V 1938, 25 II 1939. Les maximalistes utilisent la même référence (Avanti, 13, 27 IX 1936, 3 I, 18 IV 1937), un socialiste plus ou moins dissident comme P. Santini va dans le même sens en faisant l'équivalence entre union sacrée, et fait d'être prisonnier d'un groupe impérialiste contre un autre (Problemi della Rivoluzione italiana, juin 1938, p. 28-30).

46Il Nuovo avanti, 13 VI 1936. Les maximalistes eux font référence à Zimmerwald pour appuyer l'idée d'une transformation de la guerre en guerre civile dans chaque pays (L'Avanti!, 19 V, 30 VI 1935).

47 "Ce n'est pas un paradoxe de dire que si la guerre fasciste éclatait, nous ferions Zimmerwald dans une tranchée ou, coude à coudre, combattraient les socialistes de tous les pays, unis contre leur principal ennemi, le fascisme" (Il nuovo Avanti, 11 III 1939). Moins paradoxalement, il cite le menchevik Dan qui, dans La Bataille socialiste, s'en prend à la fossilisation des tactiques et affirme que l'esprit de Zimmerwald serait trahi par la reproduction servile des formules qui y furent utilisés (Ibid., 3 VI 1939).

48 Une minorité se prononce pour ce slogan, en expliquant qu'on ne peut tout de même pas aider le fascisme à conquérir l'Europe (L'Avanti, 11 X 1936, 21 III 1937), la direction s'y oppose, au nom d'un anticapitalisme plus virulent que son antifascisme, de la volonté de réduire la guerre en prépartaion à un affrontement inter-impérialiste ou tout simplement du nombre de morts du dernier conflit (Ibid., 18 IV, 20 VI, 15 VIII, 15 XII 1937).

49 L'Avanti, 18 IV 1937, 23 I, 4 IX 1938.

50 Lequel pourrait être selon les cas un "conflit de nature éminemment impérialiste", ou une lutte "entre l'Europe et l'anti-Europe, entre le fascisme et la liberté, entre la civilisation démocratique et la barbarie de la tyrannie et du racisme" (La Giovine Italia, 17 XII 1938)

51 La Giovine Italia, 10 II, 4 V 1940.